Chelsea est deuxième de Premier League avec trois points de retard sur le leader Liverpool. Rien de véritablement anormal sauf que la vie est loin d'être idyllique chez les Blues, où le nouvel entraîneur Luiz Felipe Scolari cristallise bon nombre de tensions. L'ambiance est très tendue au moment de se déplacer dimanche à Manchester, qui a l'occasion de revenir à un point. Décryptages.
1 - DES RÉSULTATS DÉCEVANTS
La lecture du classement est assez trompeuse. Certes Chelsea n'est pas (encore) largué pour le titre, loin de là, mais le club londonien pourrait aisément trôner en tête de la Premier League sans une série de résultats décevants. Après un départ canon, la machine s'est grippée à l'automne. La panne remonte à la mi-novembre. Sur les 16 premiers matches de la saison, les Blues ont engrangé 11 victoires pour 3 nuls et deux défaites. L'éclatant succès en ouverture contre Portsmouth était révélateur de la force que dégageait la bande à Lampard. Pas de doute, la greffe Scolari avait prise. Mais tout s'est gâté depuis l'élimination en Cup face aux amateurs Burnley (0-0, 4-5 tab). Les Blues n'ont remporté que quatre matches en deux mois depuis ce terrible déraillement. Si ça continue, le titre visé ne deviendra plus qu'une illusion d'optique.
2 - STAMFORD BRIDGE EST BON À PRENDRE
Depuis l'arrivée de José Mourinho aux commandes du club londonien (2004), la grande force de Chelsea était d'être impérial à domicile. Stamford Bridge était une citadelle imprenable. Ce n'est plus du tout le cas. Les Blues ont plutôt tendance à briller à l'extérieur, avec au passage une série d'invincibilité record de 12 victoires d'affilée. A Stamford Bridge, Chelsea est méconnaissable. Classé à mi-parcours au huitième rang au classement à domicile de la Premier League (4 victoires en 10 matches), le club de Roman Abramovitch a perdu la recette du succès dans son antre. Et ce sont les autres cadors du championnat qui se frottent les mains. Alors que le calendrier leur a offert en cette phase aller la réception des trois autres du Big Four, les Blues ont déjà grillé toutes leurs cartouches. Si le nul contre Manchester (1-1) est un moindre mal, Anelka et ses amis se sont fait battre par Liverpool (0-1) et Arsenal (1-2). Impensable sous Mourinho. Les supporters sifflent et le richissime propriétaire russe s'ennuie ferme. Ce dernier pense d'ailleurs à revendre le club.
3 - UN JEU FRILEUX ET STÉRÉOTYPÉ
Lors des trois premiers mois, Chelsea avait, chose nouvelle, réussi à allier flamboyance et efficacité. Nicolas Anelka était en feu et l'équipe tournait à une moyenne de 2,25 buts par match toutes compétitions confondues, jusqu'au couac de Burnley. La moyenne a chuté de presque moitié avec 1,33 but par match depuis le 12 novembre. Scolari multiplie les différents systèmes (4-3-3 puis 4-1-4-1 puis 4-4-2) mais aucun n'est vraiment devenu une référence. Impuissant, le technicien brésilien, même s'il s'en défend, n'est pas chaud à l'idée d'aligner la formidable doublette Anelka-Drogba. La première du duo date du 26 décembre et malgré la victoire à domicile (2-0) contre la lanterne rouge West Bromwich Albion, ce fut un mini fiasco dans le jeu, d'une lenteur effrayante. Les deux attaquants vedettes sont rarement apparus complémentaires et capables de jouer ensemble. Les entraîneurs adverses ont par ailleurs compris qu'il suffisait de bloquer les côtés, où seuls les latéraux A. Cole et Bosingwa apportent le danger, pour annihiler les attaques londoniennes. Au milieu, Deco, la seule recrue estivale, est décevante. Dernier grief, l'équipe manque de physique et s'essouffle vite, trop vite.
4 - UNE COMMUNICATION DÉFICIENTE
A son arrivée à Chelsea, les joueurs ont été impressionnés par le charisme de Luiz Felipe Scolari, champion du monde en 2002 avec le Brésil et redoutable sélectionneur du Portugal pendant six ans. Cet homme à poigne est dans la lignée d'un Mourinho, ce qui est une bonne nouvelle pour les joueurs après la parenthèse plutôt fade d'Avram Grant. Mais le crédit du Brésilien s'est effrité et ce pour plusieurs raisons. Sa communication est pointée du doigt, lui qui ne s'exprime pas correctement en Anglais. Ses choix tactiques sont contestés et il a une propension à s'exonérer des faillites de son équipe. Il rejette trop facilement la faute sur ses joueurs, qui n'apprécient guère. Enfin, le Brésilien est agacé par le manque de moyens mis à sa disposition. Abramovitch, autrefois si dépensier, ne veut plus sortir un kopek de sa poche. Scolari enrage à l'idée de l'argent mis à la disposition de ses prédécesseurs. Une réunion de crise a eu lieu durant la période des fêtes et il se murmure de plus en plus qu'un changement d'entraîneur serait dans l'air. Le nom de Roberto Mancini reviendrait même avec insistance. - David MICHEL
1 - DES RÉSULTATS DÉCEVANTS
La lecture du classement est assez trompeuse. Certes Chelsea n'est pas (encore) largué pour le titre, loin de là, mais le club londonien pourrait aisément trôner en tête de la Premier League sans une série de résultats décevants. Après un départ canon, la machine s'est grippée à l'automne. La panne remonte à la mi-novembre. Sur les 16 premiers matches de la saison, les Blues ont engrangé 11 victoires pour 3 nuls et deux défaites. L'éclatant succès en ouverture contre Portsmouth était révélateur de la force que dégageait la bande à Lampard. Pas de doute, la greffe Scolari avait prise. Mais tout s'est gâté depuis l'élimination en Cup face aux amateurs Burnley (0-0, 4-5 tab). Les Blues n'ont remporté que quatre matches en deux mois depuis ce terrible déraillement. Si ça continue, le titre visé ne deviendra plus qu'une illusion d'optique.
2 - STAMFORD BRIDGE EST BON À PRENDRE
Depuis l'arrivée de José Mourinho aux commandes du club londonien (2004), la grande force de Chelsea était d'être impérial à domicile. Stamford Bridge était une citadelle imprenable. Ce n'est plus du tout le cas. Les Blues ont plutôt tendance à briller à l'extérieur, avec au passage une série d'invincibilité record de 12 victoires d'affilée. A Stamford Bridge, Chelsea est méconnaissable. Classé à mi-parcours au huitième rang au classement à domicile de la Premier League (4 victoires en 10 matches), le club de Roman Abramovitch a perdu la recette du succès dans son antre. Et ce sont les autres cadors du championnat qui se frottent les mains. Alors que le calendrier leur a offert en cette phase aller la réception des trois autres du Big Four, les Blues ont déjà grillé toutes leurs cartouches. Si le nul contre Manchester (1-1) est un moindre mal, Anelka et ses amis se sont fait battre par Liverpool (0-1) et Arsenal (1-2). Impensable sous Mourinho. Les supporters sifflent et le richissime propriétaire russe s'ennuie ferme. Ce dernier pense d'ailleurs à revendre le club.
3 - UN JEU FRILEUX ET STÉRÉOTYPÉ
Lors des trois premiers mois, Chelsea avait, chose nouvelle, réussi à allier flamboyance et efficacité. Nicolas Anelka était en feu et l'équipe tournait à une moyenne de 2,25 buts par match toutes compétitions confondues, jusqu'au couac de Burnley. La moyenne a chuté de presque moitié avec 1,33 but par match depuis le 12 novembre. Scolari multiplie les différents systèmes (4-3-3 puis 4-1-4-1 puis 4-4-2) mais aucun n'est vraiment devenu une référence. Impuissant, le technicien brésilien, même s'il s'en défend, n'est pas chaud à l'idée d'aligner la formidable doublette Anelka-Drogba. La première du duo date du 26 décembre et malgré la victoire à domicile (2-0) contre la lanterne rouge West Bromwich Albion, ce fut un mini fiasco dans le jeu, d'une lenteur effrayante. Les deux attaquants vedettes sont rarement apparus complémentaires et capables de jouer ensemble. Les entraîneurs adverses ont par ailleurs compris qu'il suffisait de bloquer les côtés, où seuls les latéraux A. Cole et Bosingwa apportent le danger, pour annihiler les attaques londoniennes. Au milieu, Deco, la seule recrue estivale, est décevante. Dernier grief, l'équipe manque de physique et s'essouffle vite, trop vite.
4 - UNE COMMUNICATION DÉFICIENTE
A son arrivée à Chelsea, les joueurs ont été impressionnés par le charisme de Luiz Felipe Scolari, champion du monde en 2002 avec le Brésil et redoutable sélectionneur du Portugal pendant six ans. Cet homme à poigne est dans la lignée d'un Mourinho, ce qui est une bonne nouvelle pour les joueurs après la parenthèse plutôt fade d'Avram Grant. Mais le crédit du Brésilien s'est effrité et ce pour plusieurs raisons. Sa communication est pointée du doigt, lui qui ne s'exprime pas correctement en Anglais. Ses choix tactiques sont contestés et il a une propension à s'exonérer des faillites de son équipe. Il rejette trop facilement la faute sur ses joueurs, qui n'apprécient guère. Enfin, le Brésilien est agacé par le manque de moyens mis à sa disposition. Abramovitch, autrefois si dépensier, ne veut plus sortir un kopek de sa poche. Scolari enrage à l'idée de l'argent mis à la disposition de ses prédécesseurs. Une réunion de crise a eu lieu durant la période des fêtes et il se murmure de plus en plus qu'un changement d'entraîneur serait dans l'air. Le nom de Roberto Mancini reviendrait même avec insistance. - David MICHEL
